Autobiographie politique

De la découverte du dhimmi à Eurabia

par Bat Ye’or

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352 pages, 24 €


Mes travaux sur Eurabia, la divulgation des faits et des noms renforcèrent la vindicte à mon égard. Je ne tardai pas à en remarquer les effets. Des livres, des articles exploitaient mon travail et omettaient mon nom – un nom dangereux, proscrit par la police de la pensée. Les intellectuels agréés se tenaient à distance, je contaminais.
Certains regards m’observaient avec une sorte d’effroi. Je portais désormais la souillure de l’opprobre. Je n’étais pas la seule d’ailleurs, tous ceux qui professaient des opinions contraires à la doxa imposée étaient voués à la détestation. Je ne réagis pas à ces attaques. J’étais ailleurs… beaucoup plus loin, hors des événements. J’observais avec une certaine distance mon nouveau statut de paria, évocateur des signes discriminatoires avilissant ce personnage que je connaissais bien, le dhimmi  : ces vêtements, ces couleurs, ces ceintures exposant la souillure. Je portais l’étoile jaune de mes livres.
Et soudain je me sentis fière. Fière d’appartenir à ce peuple d’esclaves qui le premier s’était dressé contre la tyrannie au nom de la liberté et de la dignité de l’homme. Mon œuvre avait été maudite parce qu’elle prenait sa place dans trois mille ans d’histoire du peuple à la nuque raide.
Il déployait derrière moi sa force et sa richesse, mais l’Europe s’effondrait, retournait à la barbarie, tolérant les tueries d’innocents dans ses rues, comme si la vie humaine à nouveau n’avait aucune valeur, comme si n’importe qui pouvait s’octroyer le droit de tuer. L’appel au meurtre remplaçait  « Tu ne tueras point  ».
C’est dans les années soixante-dix, pourtant, que j’avais découvert cet énigmatique personnage surgi des linceuls de l’histoire, le dhimmi. À mesure que s’éclairaient ses diverses facettes, comme par l’effet d’une lampe magique, s’étaient éveillées contre moi des attaques et des condamnations exprimées jusqu’en 2010, quand le gouvernement de l’État Islamique, fort opportunément venant à mon secours par le rétablissement de la charia, confirma tous mes écrits.
Bat Ye’or, Autobiographie politique.
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Bat Ye’or, « fille du Nil », « une Cassandre, un esprit courageux et clairvoyant », a consacré sa vie à étudier et à comprendre la condition des Juifs et des chrétiens sous l’Islam, après avoir été expulsée d’Égypte par Nasser en 1957. Ses livres ont été publiés en anglais, allemand, espagnol, français, hébreu, italien, néerlandais, russe… Elle fut auditionnée par le Congrès américain, et participa à de nombreux colloques internationaux en Europe et en Amérique, où elle a fait connaître les mots « dhimmi », «  dhimmitude  » et  « Eurabia ». En racontant l’histoire de sa vie, elle éclaire celle de notre civilisation aux prises avec le refus de savoir, les défis de l’obscurantisme et la lâcheté.

Presse

Roland Jaccard, Causeur : « Contre le communisme et l'islamisme, deux femmes se sont dressées. »

Jean-Yves Camus, L'Arche : « Il faut faire le commentaire et la critique scientifique, donc raisonnée, des faits et interprétations que Bat Ye'or propose. »

Gédéon Pastoureau, Dreuz : « Deux livres majeurs de Bat Ye’or… deux joyaux d’intelligence et de littérature… deux avertissements fermes qui nous sont adressés avec vigueur. »

Jean-Pierre Lledo, Europe-Israël : « Ci-gît l’Europe dhimmie.»

Dominique Decherf, France catholique : « Les faits ont donné raison à Bat Ye'or. »

Nadia Lamm, Tribune juive : « Bat Ye'or étudie un mal qu’il nous appartient de reconnaître avec elle, la maladie de l’islam, pour lui opposer toute notre résistance fraternelle et l’aider à se délivrer. »

Pierre Rehov, Le Figaro : « Les raisons d'un déni. »

Noémie Halioua, Actu J : « Il faut nous libérer du piège de l'histoire. ».

Jérôme Besnard, L'Incorrect : « Un souffle prophétique dont on rêve de voir s'emparer les jeunes générations, pour que les mêmes erreurs et les mêmes renoncements ne produisent pas une nouvelle fois les mêmes effets tragiques.»

Véronique Chemla et Bat Ye'or : « Femmes contre le totalitarisme. »

Guy Millière, Dreuz : « En l'identifiant aux nouveaux croisés, Le Monde fait de Bat Ye’or une cible pour les islamistes. »

Jean-Loup Mordekhaï Msika : « Recette pour ne pas voir. »

Jean Birnbaum, Le Monde : « Ici, la politique commence par la fiction et elle y retourne. »

Alexis Lacroix, L'Express : « L’historienne en appelle aux “musulmans éclairés”, contre l’islam politique et contre l’obscurantisme. »

Alexis Lacroix, France culture : « Dépasser les logiques du choc des civilisations. »

Sophie Masson, Culture-J : « Un témoignage exceptionnel sur une vie de recherches. »

Michèle Mazei, Jerusalem Post : « Cassandre moderne. »

Ivan Rioufol, Le Figaro : « La dhimmitude de l'Union européenne. »

Michel Zerbib reçoit Bat Ye'or sur Radio J : l'histoire d'une vie vaut mieux que tous les discours.

Jérôme Ellul, Commentaire : « Un méridien dans les tumultes de l'islamisation ».

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 « Lire ce récit est une respiration incroyable en même temps qu’une plongée dans l’histoire séculièrement glaçante de notre monde moderne. S’y dévoilent des épreuves de vie, corrélées à la grande Histoire de façon magistrale. Cela agit exactement comme si une pièce maîtresse avait manqué jusqu’à présent et se trouvait exposée sous la narration… »

Jérôme Ellul
Commentaire

 

« Depuis près d’un demi-siècle, avec une opiniâtreté méthodique, certains détracteurs  de Bat Ye’or ont cherché à l’expulser hors du cercle de la scientificité, à l’entourer d’un halo sulfureux, à la déconsidérer comme un esprit irrationnel. Jusqu’à un certain point, ils y sont parvenus. Un paravent conjuratoire s’est dressé qui brouille la réception de son travail. Leur dénigrement vertueux a installé dans les esprits l’idée que la spécialiste de la “dhimmitude” aurait glissé vers un bord-à-bord avec les théories du complot. À la lire, pourtant, on s’aperçoit qu’il n’en est rien… »

Alexis Lacroix
L’Express

 

« Les faits ont donné raison à Bat Ye’or. »

Dominique Decherf
France catholique

 

« Une honnêteté intellectuelle hors du commun. »

Roland Jaccard
Causeur