Le prophétisme est une prise de conscience historique
Pour dessiner les traits d’une société redoutée dans ses tendances totalitaires, de puissants écrivains ont publié toutes sortes de fables au XXe siècle. Kafka a suscité un univers oppressant dans lequel l’individu se trouve radicalement isolé face à un ordre impénétrable qui lui impose sa Loi. Canetti a insisté davantage sur la dégradation inexorable des relations entre les personnes avant la catastrophe. Chesterton a décrit la suspicion mutuelle sous la forme libre d’un cauchemar où chacun croit combattre l’ennemi radical alors que celui-ci n’est que son vis-à-vis antagoniste. Jünger a situé dans un passé mythique la dévastation opérée par la barbarie sur des réalités sociales délicates et la poésie de la vie primitive. Orwell au contraire a projeté dans le futur d’une date prise au hasard ce qu’il voyait s’ébaucher grossièrement sous ses yeux. Zinoviev a longuement exploré avec ironie les hauteurs béantesdu système totalitaire dans lequel il avait effectivement vécu…
Bat Ye’or a vécu, elle, Fille d’Égypte, dans une société islamisée qui avait été modifiée, adoucie par l’influence européenne. Elle a vu celle-ci s’effondrer avant d’en être expulsée, en 1957, parce qu’elle était juive, sous l’effet des ambitions et des contradictions de la « révolution ». Ce qu’elle n’a pas pu observer sur place, elle l’a reconstitué librement de l’extérieur, depuis son exil forcé. Dans son étude sur Les Juifs en Égypte publiée en 1971, précisément à l’époque qu’elle décrit dans Ghazal, figurent pour la première fois les noms d’anciens nazis ayant trouvé refuge par centaines, après la Seconde guerre mondiale, dans ce pays accueillant où ils avaient atteint des positions éminentes, souvent sous un nom musulman. Mais le fait…
Sarah Cattan, Tribune juive : « L’histoire intellectuelle occidentale devra un jour répondre d’une faute… »
« L’histoire intellectuelle occidentale devra un jour répondre d’une faute : avoir traité Ayn Rand et Bat Ye’or comme des parias quand elles faisaient leur travail… Elles n’ont pas été disqualifiées parce qu’elles avaient tort, mais parce qu’elles avaient raison trop tôt », écrit Sarah Cattan dans Tribune juive. .
Gilles Banderier, La Cause littéraire : « Un grand livre »
« La voix du Pontife s’est élevée en faveur des victimes, écrivait Golda Meir à la mort de Pie XII, une voix qui proclamait, au-dessus du tumulte, les plus grandes vérités morales »… rappelle Gilles Banderier, dans un article passionnant qui reprend à grands traits implacables l’histoire des relations entre Juifs et chrétiens au dernier
