Joshua Sobol

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Auteur d’une cinquantaine de pièces, dont Ghetto, Le Syndrome de Jérusalem, La Palestinienne, Joshua Sobol est l’un des plus importants dramaturges israéliens et le plus joué à l’étranger.

Principales œuvres dramatiques

1971. Le Jour à venir  ; Htm Théâtre de Haïfa.
1972. Status Quo ; Htm, Haïfa.
1976. La Nuit du 20 ; Htm Haïfa.
1979. Nuit de Noce ; Théâtre Habimah, Tel Aviv.
1982. La nuit de Weininger ; Tm Haïfa. (Adaptation française d’Isabelle Starkier en 1991.) Ghetto ; Tm Haïfa ; Freue Volksbuhne Berlin. (Traduit en français par Michel Piedoue en 1986.)
1984. La Palestinienne ; Tm Haïfa.
1985. Le Syndrome de Jérusalem ; Tm Haïfa.
1991. Solo ; The Hague. (Traduit en français par Nathalie Staron.)
1995. Village* ; Théâtre Gesher, Tel Aviv.
1998. Étrangers* ; Théâtre Habimah.
1998. Alma ; Weiner Festwochen, Théâtre de Vienne.
2002. Témoins ; Théâtre Cameri, Tel Aviv.
2001-2002. Instant de Vérité* ; Théâtre Habimah.
2005. Kol Nidrei ; Herzeliya Théâtre.
2005-2006 Un Héros de la classe ouvrière ; Théâtre Cameri, Tel Aviv.
2006. Le Dernier Appel de Kol* ; Théâtre Tmunah, Tel Aviv.
2006-2011. Dreyfus, l’homme du siècle*
2008-2011. Demain à l’Aube / Péchés* Ensemble* ; Itim Théâtre, Tel Aviv.

* Traduit en français par Sh. Saskia Cohen Tanugi.

Myriam Sâr / Sarah Vajda

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« Sarah Vajda, au sens strict du mot n’est pas une débutante », écrivait déjà Pol Vandrome, et Myriam Sâr, ce nom sur la couverture, n’est en fait que la narratrice de son roman : c’est la voix jamais perdue de la jeunesse, d’une jeunesse éclairée dès l’origine par toutes les tragédies de l’histoire, la voix de la jeune fille juive.

« L’intelligence chercheuse au service des hautes préoccupations, l’âme ardente qui alimente la source du feu et fait bondir ses flammes, la corde sensible tendue jusqu’au cri de rupture, le recours à la psychologie des profondeurs qui installe l’inquiétude du moi profond au cœur même des ténèbres, voilà quelques-uns des traits d’identification de la littérature à laquelle Sarah Vajda appartient désormais. »
Pol Vandrome

« Il faut toute la lucidité et le courage d’une femme – admirable lucidité et périlleux courage – pour réveiller ainsi les accents de la pythonisse d’Endor, et nous raconter, récit et conjuration ensemble, cet après, l’ordre donné aux Israéliens d’abandonner leur territoire : ”Israël redeviendra le mythe qu’il n’avait cessé d’être et Jérusalem, une province des songes, un ossuaire perdu dans un lambeau d’azur, abandonné à qui voudra.” »
Philippe Barthelet

Sarah Vajda, diplômée de l’EHESS, autrefois metteur en scène de théâtre,
a notamment publié :

Maurice Barrès, « Grandes Biographies », Flammarion, 2000, prix Oulmont de l’essai Fondation de France ;
Jean-Edern Hallier, l’impossible Biographie, Flammarion, 2003 ;
Amnésie, roman, éditions du Rocher, janvier 2006 ;
Claire Chazal, derrière l’écran, roman, Pharos, juin 2006, suspendu par décision judiciaire ;
Contamination, roman, éditions du Rocher, 2007 ;
Le terminal des Anges, roman, éditions Le Mort-Qui-Trompe, septembre 2008 ;
Gary & Co, essai, Infolio éditions, décembre 2008 ;

et :
— Orde Charles Wingate, un parfait capitaine britanniqueÉditions Le Polémarque, 2016.

Richard L. Rubenstein

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« Le plus éminent protagoniste juif d’une recherche théologique interconfessionnelle qui semble s’ébaucher aux États-Unis sous le signe de la “mort de Dieu” », disait Léon Poliakov.

Richard L. Rubenstein a publié en français :

L’Imagination religieuse : théologie juive et psychanalyse, avec une préface de Léon Poliakov, Gallimard, 1971 ;

La Perfidie de l’Histoire, Les provinciales, 2004 ;

« Rares sont les livres doués du pouvoir d’inspirer au lecteur cette prise de conscience que l’on appelle un sentiment de révélation.» William Styron

Jihad et génocide, Les provinciales, 2010.

« Probablement l’analyse la plus profonde publiée à ce jour sur l’acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran. » Michel Gurfinkiel

Voir aussi :
« L’abolition des sacrifices humains »
« Jigad et génocide : le cas arménien »
et la présentation de Richard L. Rubenstein par Michel Gurfinkiel ;

Né en 1924, président émérite de l’Université de Bridgeport (Connecticut) où il a enseigné l’histoire et la philosophie des religions, Richard L. Rubenstein – a déployé une conception de l’histoire universelle au fil de nombreuses études traduites dans une dizaine de langues. L’Imagination religieuse, sorte de confrontation pathétique et passionnée entre la pensée juive et la psychanalyse, a été publié en français par les Éditions Gallimard en 1970 avec une préface de Léon Poliakov. Son premier livre, After Auschwitz (1966), passe pour avoir initié le débat contemporain sur la signification théologique de l’Holocauste.

« Ce n’est pas sans tristesse et sans amertume que je me suis vu contraint de rejeter la croyance en un Dieu maître de l’histoire. »

R. L. Rubenstein a étudié d’abord au Hebrew Union College (judaïsme réformé), mais il a reçu l’ordination rabbinique du Séminaire théologique juif (conservateur) ; diplômé de Harvard en histoire et philosophie des religions, il enseigne de 1970 à 1995 à la Florida State University, qui lui confère sa plus haute distinction (« Distinguished Professor of the Year »), et qui donne son nom à un département d’études religieuses ; chroniqueur régulier (relations internationales) pour le quotidien japonais Sekai Nippo (Tokyo) ; membre de divers organismes, aux États-Unis et en Angleterre, veillant à la mémoire de l’Holocauste et à la prévention des génocides ; auteur de :

• After Auschwitz,1966, 1992 ;
• My Brother Paul, 1972 ;
• The Age of Triage, 1983 ;
• Approaches to Auschwitz,1986, 2003, etc.

Shakin Nir

Shakin Nir est né à Paris le 3 juin 1929 (quartier Montparnasse) ; mère de vieille famille gasconne et père ukrainien naturalisé français. Mère décédée en 1941.
Passe des tracts et des faux papiers pour le « groupe Prosper » ; est arrêté à Villeneuve-sur-Lot et aussitôt relâché, la police n’ayant pas établi de corrélation entre le travail effectué et l’âge du suspect ; ensuite est caché au Chambon sur Lignon (collège Cévenole.)
Après la libération de Paris, internat au lycée Lakanal (Sceaux.) Rejoint le mouvement sioniste Habonim (membre du comité national.) Arrive en Palestine illégalement pendant la dernière année du mandat britannique en 1947.
Membre du jeune kibboutz Neve Ilan (fondé par des anciens de la résistance française). Pendant la guerre d’Indépendance est intégré au Palmach (division de choc de la Haganah, future Tsahal, bataillon Harel) ; participe à la bataille de la route de Jérusalem et de Latroun.
Après la guerre, quitte Neve Ilan pour rejoindre le mouvement du Kibboutz Hameouhad, où il est « Rakaz », chargé du lien pour les jeunes immigrants parlant français dans les camps d’immigration. Plus tard instructeur pour le Noar Aoved (scouts patronnés par la CGT israélienne) à Kiryat Shmone.
Passionné par la revitalisation de la terre, travaille dans la construction de terrasses en Judée puis à l’assèchement des marécages du Huleh en Galilée ; enfin étudie l’implantation des arbres fruitiers, en particulier des dattiers.
Membre du kibboutz Tseelim dans le Néguev.
Campagne du Sinaï (Azza, Sinaï), 1956.
La même année son premier livre, Grains du Sud, est édité par Les Éditions de Minuit sous le pseudonyme Ilan Nir. 

« Cet écrivain est l’un de ceux chez qui, aux frontières d’Israël… l’odeur de poudre et de sang viole quelque chose en eux qui était prêt à fermenter des âmes de constructeurs, de paysans, de maçons. De sorte que la guerre les trouve en flagrant délit de vocation civile. Ilan Nir parle des soldats israéliens Saül, Eitan, Moïshé, Yahir ou Rubi, comme d’hommes volés, détournés par le combat, profondément dépaysés mais promis à se reconnaître et à se vouloir soldats parce que leur combat est sacré… Son livre n’a pas eu le temps de se faire une peau : il est tout écorché, on voit les muscles, on respire le sang et le sable, on regarde à travers, et c’est pour apercevoir des hommes qui font la guerre, y croient, souffrent de la faire et souffrent d’y croire et n’en meurent pas moins… »
L’Express
, 2 novembre 1956.

Écrit des essais, des articles et des nouvelles pour des revues françaises (Esprit, Les Temps Modernes, L’Arche…)
Quitte le kibboutz après la campagne du Sinaï.
Travaille comme scénariste pour des metteurs en scène français (Marcel Camus, Calef, Edmond de Gréville, Jules Dassin), et en Israël pour le groupe Globus Golan, et pour des metteurs en scène comme Menahem Golan, Israël Wisler, Yoseph Milhau.
Écrit aussi des scénarios pour le gouvernement et l’Agence Juive, et développe une carrière comme réalisateur de films publicitaires et de courts métrages (« Le Chemin de Galilée », « Eran au Zoo », « Yzkor »).
À partir de 1959 est amené lors de « périodes » à participer à des actions contre les terroristes et des infiltrations.
Guerre des six jours (Azza, Sinaï) 1967.
La guerre de Kippour (1973) interrompt la production de ses deux films de long métrage pour Oulpaney Herzliah et Mograby comme scénariste et metteur en scène.
Photographe de presse pendant la guerre de Kippour (Golan, Sinaï.)
Écrit et publie en Israël des nouvelles et des romans.

« Shakin Nir est un témoin important. Ce n’est pas seulement parce qu’il décrit la disparition de “l’idéal” dans une langue magnifique – la nôtre – mais parce qu’il sait et prouve que si cet idéal a sombré il devra subsister sous la forme de l’héritage à défendre… Le lien que la résistance française et le sionisme des kibboutz, à travers les épreuves de la guerre, ont établi entre les deux pays se sera laissé distendre. Shakin Nir le ravive avec la vieille arme démodée mais qu’il sait bien servir de cette langue, il explore le destin suspendu de son peuple, Israël, avec la clairvoyance et la finesse d’un cœur qui ne renonce pas. »
Olivier Véron, Les provinciales.

Guy Millière

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Né en 1950, auteur d’une trentaine de livres, Guy Millière a été maître de conférence à l’Université Paris VIII (Histoire des cultures, Philosophie du droit), professeur invité à L’Université d’État de Californie et membre directeur du Gatestone Institute (aux États-Unis il a également participé aux travaux de l’American Entreprise Institute et de l’Hoover Institution et dirigé en France l’Institut Turgot). Politologue spécialiste des États-Unis, de tendance libérale en économie, il a soutenu la politique de redéfinition du Proche-Orient initié par George W Bush et en dépit de l’euphorie sans précédent pour son successeur, il a puissamment averti des dangers et des désastres dans lesquels Barack Obama entrainait l’Amérique et le monde. Il a prévu les dérives des révolutions arabes, alerté sur les menaces de l’islam radical et tout en le distinguant soigneusement des autres tendances de cette religion, il a dénoncé le chantage à l’islamophobie. Il a publié avec David Horowitz Comment le peuple palestinien fut inventé, 2011 et expliqué que « la guerre conventionnelle menée contre Israël et la guerre menée par le terrorisme ayant échoué, la troisième forme de guerre, le recours à la propagande et à la falsification » poursuivait les même buts exterminateurs (L’Etat à l’étoile jaune, 2013). Dans toutes ces attitudes il se définit lui-même d’un trait : « J’entends jeter une fois de plus un peu d’eau froide sur les braises, poser un regard froid sur la réalité, regarder plus loin que les masques, expliquer de toute urgence ce qui doit l’être, donner à comprendre et à voir. »

Richard Millet

« Pour Millet la guerre est un texte qui s’insurge contre le mensonge, et la littérature sert à rendre à la vérité toute sa lisibilité, à condition de nous libérer de nos peurs, de nos faiblesses et de notre aveuglement. »
Michaël Bar-Zvi

Richard Millet a commencé par la guerre pour apprendre à écrire, dit-il, trente ans plus tard, dans La Confession négative, ce journal d’un combattant catholique au Liban. Il a «  inventé  » le village de Siom en Corrèze, et s’est fait le chroniqueur de la France perdue (des années cinquante et soixante), sa Recherche, au fil de nombreux livres dont Ma vie parmi les ombres (mais c’est «  une civilisation qui avait duré des siècles  »).
Éditeur influent il fut limogé de Gallimard pour avoir évoqué la « langue fantôme » des nouveaux « apparatchiks de la littérature » (et non Anders Breivik, dont il ne faisait pas l’éloge…). Triste épilogue, semblable à «  la destruction des villes par les architectes  » de cette France révolutionnaire «  frappée d’insignifiance  » et qui «  n’est plus qu’une république bananière de la littérature ». Essayiste donc, Richard Millet écrit et cette écriture se veut la « mémoire d’un chant » : le chant profond de ce catholicisme inséparable de l’« Israël polysémique » qui l’aura suscité.

« Je suis catholique. Je n’ai plus besoin de le cacher. La haine que je suscite se nourrit d’ignorance et de légendes qui ont parfois trait à la question palestinienne, certains n’hésitant pas, dans un singulier délire à m’accuser d’avoir découpé des Palestiniens à la hache… Quant à la répugnance que peuvent inspirer mes livres, je ne la discuterai pas : on est libre de me haïr pour ce que je suis ; la vérité après tout importe seule… »
Richard Millet

Jean-Pierre Lledo

Observateur perspicace des « printemps arabes », chroniqueur de divers médias en ligne (Atlantico, Causeur, etc.) Jean-Pierre Lledo a publié chez Armand Colin : Révolution démocratique dans le monde arabe. Ah ! si c’était vrai (Armand Collin, 2012) et Le monde arabe face à ses démons. Nationalisme, Islam et Juifs (Armand Collin, 2013). Au cinéma il est l’auteur d’un saisissant documentaire sur les violences ethnico-religieuses de la guerre d’Algérie, « Algérie, histoires à ne pas dire » (2007), ainsi que de nombreux autres films, où il aborde notamment la question, ignorée en Algérie, de l’exode des non-musulmans depuis l’Indépendance.

 

Sébastien Lapaque

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Né en 1971 à Tübingen, Sébastien Lapaque a donné avec son premier livre, Georges Bernanos encore une fois, dans un style convainquant, ses références intellectuelles. Il a ensuite publié, chez Actes Sud, Les Barricades mystérieuses, 1998, puis Les Idées heureuses, 1999, qui lui ont valu le Prix François Mauriac de l’Académie française, et Mythologie française, 2002 (bourse Goncourt de la nouvelle). Il a évoqué la « Saudades do Bernanos » au Brésil (1938-1945) dans Sous le Soleil de l’exil, Grasset, 2003. Lapaque est journaliste littéraire au Figaro (« l’un des plus brillants critiques littéraires du Figaro », selon Eric Conan) et il a reçu le prix James Hennessy des critiques littéraires 2004. « Fort d’une intense expérience de buveur »,  il a publié un Petit Lapaque des vins de copains, Actes Sud, 2006 et un pamphlet cruel contre un Président de la République célèbre : Il faut qu’il parte, 2012, qui n’était pourtant pas Foutriquet. Il a également publié  : Au hasard et souvent, 2010, puis  Autrement et encore, 2013, son « contre-journal » ; Théorie de la carte postale2014, Théorie de Rio de Janeiro 2014 et Théorie d’Alger, 2016 (Actes Sud).
Il prépare en ce moment même une magnifique Théorie de la bulle carrée, où il élucide l’art rigoureux de son ami vigneron Anselme Selosse grâce à la définition de la Recherche : « Quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.»