Massacre des innocents

par Fabrice Hadjadj

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204 pages, 14 €


La destruction des enfants juifs sous Hérode le grand (théâtre).
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« Ô mon Dieu comment,
Comment se fait-il,
Comment cela s’est fait que, de ces petits qui ne savent point parler,
Le massacre soit votre premier témoignage
Et qu’ainsi le premier témoignage
Soit aussi la première objection ? »
Hannah Arendt rappelle que le système totalitaire se caractérise par le « refus de la naissance », c’est-à-dire le refus d’une singularité inattendue, réfractaire à tout programme. Hérode le Grand, non-juif auxiliaire de l’Empire, apparaît le prophète de ce monde : il fait massacrer les enfants de Bethléem parce que le caractère irréductible du Juif ne peut que troubler l’ordre de la pax romana. C’est le sujet de cette pièce à la fois politique et domestique, qui touche aussi à cette heure au cœur de la vie quotidienne, où l’incompréhensible vient nous frapper et sommer les pauvres personnages que nous sommes de s’élever à une grandeur tragique.

Le prologue, les onze tableaux et les deux épilogues, leurs scènes de ménage et de tragédie, sont suivis d’un post-scriptum philosophique rédigé par l’auteur et qui montre bien les enjeux historiques, politiques, exégétiques et dramatiques de ce thème tiré d’un épisode de l’Évangile fréquemment abordé en peinture, mais plus rarement dans les lettres.

Création de la pièce par Fabrice Hadjadj et Les provinciales

Il y eut un moment, avant d’arriver à Bethléem, où l’étoile s’éteignit. Au-dessus de Jérusalem l’étoile se troubla, comme si elle avait eu peur, comme si elle avait hésité à mener les nations jusqu’au bout. Et les mages durent interroger Hérode. Si l’étoile n’avait pas faibli mais conduit à la crèche les mages des nations, Hérode n’aurait pas été mis en alerte, et le massacre n’aurait jamais eu lieu…

Treize scènes à la fois tragiques et comiques, ponctuées par une musique tendre et violente comme l’histoire juive, évoquent ce Massacre qui, dans les Évangiles, suit la naissance du Messie : Comment celui qui apporte la paix peut-il inaugurer son règne par un carnage ? C’est comme si la foi portait avec elle sa radicale remise en cause. Enfants, bergers, soldats, rabbins, rois mages et mères, tyran et demoiselles, mais aussi clowns et anges maladroits, victimes et « acteurs » de l’histoire, en portent l’empreinte indélébile.

« Massacre des innocents » a été créée à Lyon du 23 novembre au 3 décembre 2006, puis à Paris du 24 avril au 13 mai 2007.
Reprise à Lyon les 7, 8 et 9 décembre 2007 ; à Biarritz les 16 & 17 février 2008 ; à Chartres le 22 avril 2008 ; à Clermont-Ferrand les 15 & 16 octobre 2009.

Pour la scène, le texte a été réduit deux tiers. Véritable mémorial du massacre, la présente édition reprend le texte intégral, avec toutes les scènes non montées de cette pièce juive, historique et domestique, pleine d’une vie foisonnante et qui s’impatiente.


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« Ils avaient fait ceci
Qu’ils étaient venus au monde. Un point, c’est tout.
Ou si vous préférez,
Ils avaient fait ceci qu’ils étaient des petits nouveau-nés.
C’étaient des espèces de petits nourrissons juifs. »

Charles Péguy
Cahiers de la Quinzaine, 1912 (Le Mystère des saints Innocents)

 

« Une révélation et un émerveillement. »

Jean-Marie Le Méné
L’Homme nouveau

 

« Quelques scènes plus légères permettent au spectateur, acculé dans son fauteuil comme un boxeur dans les cordes, de reprendre ses esprits. »

François Huguenin
Famille chrétienne

 

« Traversé d’un humour au vitriol, édifiant au meilleur sens du terme, puisqu’il recentre sur l’essentiel. »

Jean-Marc Bastière
Famille chrétienne

 

« Armé de la violence évangélique, de l’ironie socratique et de l’humour de Vialatte. »

Rémi Soulié
Le Figaro

 

« Théâtre marqué par Claudel et Péguy, héritage certes classique, mais affirmé d’une plume intempestive et fine, parfois drôle, parfois violente, qui, elle, n’appartient qu’à Fabrice Hadjadj. »

Vianney Delourme
Valeurs actuelles

 

« C’est avec une ironie mordante qu’il débusque les paradoxes et les horreurs. »

Jean-Philippe Guinle
Art press