L’écrivain français

tombeau

par Richard Millet

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96 pages, 12 €


Nous vivons dans un pays réduit à son seul souvenir.
À l’heure des comptes exigés par la « mondialisation », les nations européennes soldent à peu près tout, souveraineté, culture, religion, et langues, bien sûr, la langue française ne pouvant là aussi qu’entériner son déclin, et une langue qui décline ne fait pas que se transformer : il y meurt quelque chose de l’ordre du spirituel, et cette agonie influe sur le corps national autant que sur celui de chacun. Nous ne sommes déjà plus grand-chose. Paris n’est plus qu’une capitale de l’imposture, ou de la nostalgie.
Voici une réflexion sur la langue, la littérature, la culture, et la France, d’un écrivain qui se demande ce que c’est que d’écrire dans un pays et dans une langue en voie de décomposition : adonnée à la culture de l’excuse et de la repentance, mais non du pardon, la France oublie le mépris et la force, la critique et la hiérarchie des valeurs, indispensables en littérature comme dans tout le reste. Comment dès lors écrire en pays occupé ? La somme de souffrance donnée à l’œuvre n’est plus qu’une vision dépassée du travail littéraire. L’héroïsme n’est rien d’autre que la solitude – ou alors maintenir vif le souci de la syntaxe, très singulier rapport à l’histoire d’une langue, comme en une suspension tout à la fois heureuse et difficile du présent, ce chant dont la prose ne passera peut-être pas nos lèvres.


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