B. A. BA antisémite d’après Bar-Zvi

(emprunté à sa « Philosophie de l’antisémitisme »)

ANACHRONIQUE. Le Juif, pour se protéger d’adversaires religieux, a dû utiliser le moyen le plus efficace : la maîtrise des échanges. Sans cesse menacés de persécutions, les Juifs investirent tous leurs efforts à posséder ce qui est transmissible rapidement : l’argent et l’intelligence. Par opposition, le non-Juif met en valeur ce qui n’est pas transmissible : la terre, les racines. Le moment antisémite est produit par le progrès et le besoin d’échanger.
De deux choses l’une : ou bien nous assistons à « l’enjuivement » de la société, ou bien les développements et les améliorations de l’homme le rendent incapable de détester les Juifs. Et pourtant, le monstre anachronique demeure.

BABEL. L’antisémitisme s’est distillé dans la dictature du langage jusqu’à troubler ses maîtres. Son message est contenu dans la fable de Babel, bégaiement ou distanciation de la pensée, du corps et de la langue. Dès lors, il n’y a plus vraiment d’histoire, ce que le judaïsme traduit sous la forme du messianisme, mais une présence des mots dans lesquels l’esprit humain se forge. L’homme essaie d’échapper à ce moule par des totalitarismes dont l’expression première est un nouveau lexique, ou par des grammaires dont les modèles sont politiques. Je dis, et je pèse mes mots autant que cela est possible, que la mythologie qui alimente l’antisémitisme s’est répandue et continue de s’infiltrer dans les consciences au nom et par le biais de la liberté d’expression.  

CONCILES. Le message antisémite a été diffusé en premier lieu par les conciles dont l’instauration date du début du IVe siècle.
Le premier concile œcuménique tenu en 300 à Elvire (Espagne) fixe quatre canons concernant les Juifs :…


« L’histoire tout entière, comme si elle était vécue et soufferte personnellement. » Nietzsche (Le livre idéal).