Théâtre et transmission

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Si la Shoah a pris tant d’importance en Europe, ce n’est pas à cause de ce que l’on a appelé « l’industrie de l’holocauste », « la religion de la Shoah », ou à cause des intérêts politiques de l’État d’Israël… Mais plutôt parce que l’autodestruction de la puissance européenne dans la première partie du XXe siècle a coïncidé avec le maximum d’oubli de ses propres exigences et de ses origines dans l’entreprise de « la solution finale ».
« Le péché originel c’est l’oubli de l’origine », écrivait Pierre Boutang.

Les témoins disparaissent, or une société respectueuse des leçons de son passé a besoin de la force d’une parole portée par des personnes vivantes pour les transmettre librement. Capable de marier les éléments tangibles de l’histoire en Europe avec la forme d’art où elle se reconnaît le mieux, le théâtre permet de réaliser ce que, au début des années trente à Munich, Theodor Haecker avait osé formuler ainsi : « L’homme ne devient homme que par le “croisement” du Juif et du Grec. »
Or notre « collection » aussi est une installation, une inscription et une implantation dans le temps.

Comment proclamer que nos liens institués avec tant d’équivoque par le christianisme avec le peuple juif ne doivent pas disparaître, et que la Shoah constitue désormais une part fondamentale de notre histoire – sa face obscure, mais c’est notre histoire même, notre histoire de l’intérieur ? Comment donner au printemps Israël un avenir ? Ce n’est pas la « nation » qui a échoué en Europe mais la nation réduite à une identité partielle et totalitaire à la fois, tandis que la nation est plutôt une vocation et une pro-vocation.

Olivier Véron, Les provinciales

INSCRIPTION À NOTRE LETTRE ^

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l'histoire tout entière, comme si elle était vécue et soufferte personnellement.

Nietzsche (Le livre idéal)