Élodie Poux imite les Fables : « Le paon, l’autruche et les poulets. »

(…)

Mais voici maintenant qu’ils retournent les carrosses
Et détruisent nos maisons, deviendraient-ils féroces ?

Alors le grand seigneur dans une allocution
Le dos droit bien tendu comme une institution
Les deux mains pleines de doigts bien à plat sur la table
Leur jeta quelques miettes avec un air aimable
Croyant en faisant taire leur petit estomac
Calmer aussi la rage dans leur cœur scélérat.

Je ne vous ai pas compris, je ne vous écoutais point
Récita-t-il au peuple qui serrait les poings
A renard endormi rien ne tombe dans la gueule
Retournez au labeur je vous trouve bien veules
Ah vous aimez la rose ? Supportez en l’épine
Mais ne troublez donc point la quiétude citadine
Dans notre ordre social chacun reste à sa place
Vous voulez en changer ? Je vous ris à la face
Cassez, cassez, cassez et nous reconstruirons
Et je vous répondrais d’ la bouche de mes canons.

Vous voulez un discours ? Je peux en écrire cent
Je peux même faire en sorte que vous m’aimiez quand j’ mens
Je vous endormirai à grand coup d’entourloupes
Car c’est toute une armée que je garde sous ma coupe
Vous vous fatiguerez et rentrerez aux champs
Bien avant que je tremble pauvres petites gens. (…)

Élodie Poux, « Le paon, l’autruche et les poulets. »

 

Bérénice Levet, Le Figaro : « La langue est le ciment d’un peuple. »
Pierre Boutang, La Fontaine politique : « Le cœur, sous la forme plus étroitement politique du courage, est le moteur de l’histoire. »