Gédéon Pastoureau, Mauvaise Nouvelle : « Transmettre aux masses cette satisfaction de n’être rien ? »

« De l’athéisme dogmatique à la Jérusalem spirituelle »

 

(Intégralié de l’article ici : mauvaisenouvelle.fr)

Dans Paris-Jérusalem, un itinéraire spirituelGhislain Chaufour retranscrit pour nous ses entretiens avec Augustin Czartorisky, « écrivain qui préfère la discrétion ». Ce sera l’occasion pour celui-ci de se livrer un peu, tout en se faisant l’accusateur loquace de la République et de son enseignement, lequel « mutile la civilisation française en dissimulant ou calomniant ses origines juive et chrétienne ».
Dans La crise de l’enseignement, Charles Péguy écrivait : « quand une société ne peut pas enseigner, c’est qu’une société ne peut pas s’enseigner ; c’est qu’elle a honte, c’est qu’elle a peur de s’enseigner elle-même ; pour toute humanité, enseigner, au fond, c’est s’enseigner ; une société qui ne s’enseigne pas est une société qui ne s’aime pas ; qui ne s’estime pas ; et tel est précisément le cas de la société moderne. ». Aujourd’hui, c’est l’hypothèse inverse qu’il faut émettre : la société post-moderne est tellement fière de son néant (les « fiertés » les plus incongrues n’en finissent pas de s’exhiber) qu’elle prétend transmettre aux masses cette satisfaction de n’être rien, empêchant le plus grand nombre d’accéder à l’essence de la civilisation française. Pour paraphraser le volubile Czartorisky, le nihilisme est un athéisme, c’est-à-dire une foi aveugle. Une soumission, serait-on tenté d’écrire. En tout cas, selon l’interlocuteur de Ghislain Chaufour, une participation au culte cruel de Baal Moloch, qui exige des sacrifices humains.
À travers ce long dialogue aux acerbes digressions se lit donc un éreintement méthodique de l’enseignement universitaire, littéraire et philosophique, en tant que vecteur du Grand Effondrement. Avoir rompu le lien avec l’origine réelle de la France, cette vocation héritée de son baptême, voilà le scandale ! L’itinéraire proposé par Czartorisky, double littéraire de Chaufour, nous transporte ainsi de Paris, notre post-modernité républicaine, athéiste, pédagogiste, antisioniste, positiviste, relativiste, à Jérusalem, la vraie France reliée au Christ et à sa judéité, ordonnée au miracle et au mystère.

Gédéon Pastourneau, Mauvaise Nouvelle, 25 janvier 2015