Regarde, meurs, souviens-toi, trois moments de la vie d’une déportée à Ravensbrück


À Ravensbrück furent déportées cent trente mille femmes dont la plupart ne revinrent pas.

Une sur sept était juive.

La déportation politique se distingue mais s’inspire de la déportation des Juifs. Un camp ordinaire apparaît comme le lieu où furent livrées au même creuset des femmes de toutes conditions. Dans les derniers mois de la guerre, des convois de Juives tchèques et hongroises entrèrent à Ravensbrück, porteuses de l’étoile jaune. Une petite danseuse tchèque, émue par un poème écrit pour elle par une Française affamée, au seuil de l’agonie, vint partager avec elle son pain, lui sauvant la vie. Dansant pour les Françaises dans la nuit de Noël 44, elle représente la victoire de l’amour sur la mort : une attitude politique qui ne passe pas par l’usage des armes, mais par la capacité d’aimer et de donner sa vie. Elle incarne l’échec du nazisme dans sa tentative de supprimer le lien qui unit les êtres entre eux et constitue les peuples.