Les suites saint martin (Descriptif)


« L’amour du beau puise sa force dans une valeur étrangère à l’esthétique : le courage », a écrit Rachel Bespaloff. Aujourd’hui la peinture juive dans son inspiration retrouve l’interdit de circonscrire le divin qui extirpa Israël des civilisations idolâtres. Léon Bloy ébloui par les merveilles de « l’art de l’Enluminure » au Moyen Âge, « diffusion photogénique de Byzance à travers l’âme rêveuse et mélancolique des Occidentaux », « miroir à contre jour, et miraculeusement adouci par une enfantine foi, de ses mosaïques, de ses pierreries, de ses palais, de ses dômes peints » et « de son ciel » – nous avait tôt vu entrer dans l’âge du Paraclet, le défenseur invisible, le compagnon secret des solitaires, des audacieux : « Lorsque Byzance devint l’auge à cochons des Musulmans, le prestige qui l’avait fait naître s’évanouit et les rêveurs au désespoir tombèrent dans l’encre indélébile de Gutenberg ou dans l’huile épaisse des renaissants ». Il y a quelque chose de ce rêve englouti dans la mélancolie de Gérard Breuil, car ses encres de Chine, comme les caractères d’une écriture encore indéchiffrée, sans tricher avec les couleurs perdues romanes ou byzantines enluminent néanmoins, font entrer la lumière dans les ombres et les noirs de ces courbes brisées qui nous hantent.