Radio J

L’influence des bouleversements arabes sur les relations entre Israël et ses voisins

Depuis le début des émeutes qui secouent le monde arabe une question importante était sur toutes ses lèvres. Quelle allait être l’influence de ces bouleversements sur les relations entre Israël et ses voisins. La réponse ne s’est pas faite attendre, et comme on pouvait le craindre elle n’est pas forcément encourageante, car au-delà de la sympathie pour le désir de liberté des manifestants, ce sont les réalités géopolitiques qui petit à petit reprennent le dessus.

Alors qu’en Syrie le dictateur alaouite Bachar el Assad fait, avec le soutien massif de l’Iran, ce que sa famille fait le mieux, à savoir massacrer des civils sans pitié, en Egypte les tensions ont eu pour résultat une détérioration immédiate des liens avec Israël.

Pour la deuxième fois depuis deux mois, le pipe-line de gaz dans le Sinaï a été l’objet d’un attentat, le mettant hors d’état pour une durée indéterminée. Par ailleurs, les autorités égyptiennes ont d’ores et déjà annoncé qu’elles allaient multiplier le tarif par trois et ont procédé à l’arrestation du ministre de l’énergie égyptien soupçonné de corruption et de favoritisme à l’égard d’Israël.

Mais il y a plus grave, car le candidat qui semble le mieux placé aujourd’hui pour succéder à Moubarak, est Amram Moussa, qui n’est certainement pas une tête nouvelle, mais dont les opinions anti-israéliennes sont connues et qui a toujours été un opposant aux accords de paix. Dans une interview donnée il y a quelques jours, il a rappelé ses positions en affirmant que la majorité des Egyptiens est hostile à la paix avec l’Etat juif. On ne savait qu’il faisait aussi des sondages d’opinion ce brave homme.

Enfin et c’est à mon sens un des signes les alarmants de ce qui se déroule en ce moment en Egypte, le Hamas a officiellement ouvert un bureau au Caire, et il s’agit là d’un revirement radical de la politique égyptienne, puisque jusqu’à présent il était considéré comme un mouvement terroriste et n’avait jamais eu pignon sur rue au Caire. Et c’est dans ce même bureau au Caire qu’hier le président de l’autorité palestinienne Abou Mazen a signé un accord de réconciliation avec le Hamas.

Le choix est clair cette fois-ci, car on ne voit pas comment l’autorité palestinienne peut faire la paix avec Israël en signant un accord de coopération et de création d’une direction avec le Hamas, dont la charte appelle au djihad et à la destruction de l’Etat juif. La conséquence immédiate de l’accord avec le Hamas est la libération des terroristes détenus par l’autorité palestinienne et la reprise de leurs activités contre Israël, à partir de la Judée-Samarie.

Les démocraties occidentales, qui avaient l’intention de reconnaître l’Etat palestinien, feraient bien de réfléchir à ce geste, dont le sens est simple : accorder une légitimité aux terroristes du Hamas et à son projet. Il est encore temps d’ouvrir les yeux !

Michael Bar Zvi, chronique sur Radio J du 28 avril 2011

• vient de paraître : La Guerre de six Jours de Pierre Boutang, présentée par Michaël Bar-Zvi