L’Homme nouveau


Le « cercle de la Rose blanche » est né à l’automne 2006 (…) Nous venons d’horizons divers (…) Il ne faut ni rejeter la politique au nom d’un spiritualisme désincarné, ni couper la politique de la foi en la personne du Christ, sans laquelle elle menace toujours de devenir une idolâtrie.

Dans cette perspective, nous faisons nôtre la phrase de Charles Péguy : « …il ne suffit malheureusement pas d’être catholique, il faut encore travailler dans le temporel si l’on veut arracher l’avenir aux tyrannies temporelles. C’est un grand mystère qu’il ne suffise pas d’être catholique (…) C’est le mystère même du charnel, c’est le mystère même de l’Incarnation. » (…)

La Rose blanche est un mouvement de résistance au nazisme organisé par des étudiants allemands chrétiens. Ils s’employèrent à dénoncer les racines nihilistes et païennes de la pensée nazie. Arrêtés pour avoir distribué des tracts hostiles au régime, ses principaux animateurs, Hans et Sophie Scholl, Christoph Probst, Alexander Schmorell et Willi Graf, furent exécutés en 1943.

Nous avons souhaité nous placer sous le patronage de ce mouvement car nous y trouvons un bel exemple de résitance chrétienne à l’idéologie moderne. S’il ne nous est pas encore demandé le courage physique dont ils ont eu à faire preuve, nous pouvons en revanche nous inspirer de leur courage intellectuel. Il n’était pas facile pour de jeunes Allemands dont la patrie était en guerre de démasquer l’essentielle perversité du nazisme et de décider de le combattre. Leur volonté de ne pas se plier au conformisme du temps force l’admiration. Il nous paraît donc essentiel de nous abreuver aux sources qui ont inspiré leur résistance.

Parmi celles-ci, se trouve notamment la philosophie du pouvoir développée par Theodor Haecker dans Le chrétien et l’histoire écrit durant les années 1930. Le pouvoir est fondamentalement bienfaisant, mais il peut se muer en tyrannie lorsqu’on le disjoint de son origine divine. Le pouvoir qui refuse de reconnaître qu’il n’est pas tout et qu’il doit se soumettre à un ordre voulu par Dieu, est d’inspiration diabolique. Cette conception de l’autorité politique garde toute son actualité, comme d’ailleurs le critère concret que Theodor Haecker proposait pour apprécier le juste exercice du pouvoir : « Un critère pour l’usage droit du pouvoir est par exemple la protection des êtres ne détenant nul pouvoir de par la volonté de Dieu » (…)

Benoît Schmitz, L’Homme Nouveau n°1398 du 23 juin 200

Le « cercle de la Rose blanche » organise du 19 au 26 août en Provence un camp de formation pour les jeunes étudiants ou professionnels qui souhaitent réfléchir aux implications sociales et politiques de leur foi : pour tout renseignement, écrire à

cercleroseblanche@yahoo.fr

Benoît Schmitz est ancien élève de l’École Normale Supérieure et agrégé d’histoire.