Extrait de l’avant propos


« Ce texte a été écrit pour rejoindre une œuvre particulière à l’intérieur d’un lieu particulier. Ce lieu est la salle capitulaire de l’abbaye Saint-Philibert de Tournus ; cette œuvre est la peinture – il faudrait dire les encres – de Gérard Breuil. Je dois à cet artiste de m’avoir fait comprendre à quel point le contexte importe à l’œuvre, nos regards débordent toujours le cadre, que ce soit par la vue ou par l’« imaginaire » ; et le propre du grand tableau n’est pas de les capturer entre quatre baguettes, mais de s’effacer comme un volet qu’on ouvre, et qui soudain laisse un autre jour inonder la pièce ordinaire. C’est pourquoi, à la différence de ceux qui peignent pour la galerie, le travail de Breuil s’efforce d’épouser l’endroit où il s’expose, et de le mettre si bien en valeur qu’on ne sait plus si c’est la toile qui est exposée, ou bien elle qui expose le mur et les choses alentour. Le spectateur finit par se demander d’ailleurs s’il n’est pas au fond, plus que le reste, exposé lui-même. Or il s’agit bien de cela : faire sentir notre vulnérabilité à la lumière (…) »